Tout un espoir

 

Bonjour,

Je vous propose aujourd’hui une nouvelle dont l’écriture à été orientée par un petit générateur d’idée pour nouvelle (fait maison) et disponible à l’adresse suivante :

Les éléments sorties par G.I.N.
Protagoniste / Héros (Masculin ou Feminin): Un aveugle
Anti protagoniste / Anti héros : Un geek
Paradoxe du protagoniste : Le protagoniste est intelligent, mais n’arrive pas à utiliser son potentiel
Objet(s) : Un chien – Une statue
Un des lieux doit être : Une habitation
Nombre de mots : 2500 mots

Vous pouvez laisser vos commentaires en dessous de cette nouvelle.

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Dans le garage, l’ambiance est tendue, Arthur est dans l’espérance.

— C’est le moment ma chérie, dit Arthur

— Tu penses vraiment que le prototype va marcher ?

— Je ne sais pas, mais en tout cas il faut tester. Peux-tu m’aider ?

Face à lui, Élisa enfila sur la tête à Arthur un gros casque de moto avec visière et plein de fils électriques, un engin sorti tout droit d’un film de science-fiction. L’appareil s’alluma, un drôle de bruit se fit entendre, et quelques secondes plus tard…

— Ça marche ! s’écria Arthur

— Tu plaisantes, rétorqua sa compagne

— Je te vois! Tu es magnifique encore plus belle que dans mes rêves. Ton visage et ton corps je le dessinais avec mes mains, mais en vrai, c’est tellement beau.

Des larmes de joie coulent le long des deux visages.

— Alors le garage ressemble à ça ? S’émerveilla Arthur.

— Tu vois les couleurs et les formes, s’étonna Élisa ?

— Oui, je vois tout, mais les images saccadent de temps en temps et il commence à être lourd et il me chauffe le haut du crâne.

— Ce n’est qu’un prototype !

Soudain, le casque s’arrêta.

— Ah, oui il faut aussi augmenter l’autonomie.

Les larmes aux yeux, Élisa retira le casque et le reposa sur la base de chargement. Arthur était surexcité et en même temps déçu. Le casque marchait certes, mais il savait au fond de lui que les fonctions n’étaient pas encore là. La latence entre les images, la lourdeur et l’encombrement ne pouvait pas à l’heure actuelle intéresser un éventuel industriel. Il repassa sur son ordinateur équipé de synthèses vocal et de toutes sortes d’équipements lui permettant de travailler correctement malgré son handicap.

*

Pendant ce temps, dans une chambre plongée dans le noir un jeune homme dont le visage est éclairé par la lumière artificielle de quelques écrans regarda l’un d’entre eux avec enthousiasme. Depuis plusieurs mois maintenant il recherchait une cible et enfin il trouva son bonheur. Après quelques manipulations, un nom et une adresse s’affichèrent. “Je te tiens !”

*

Le réveil sonna comme tous les matins à 6h30. Arthur eut du mal à sortir de son rêve. À peine les yeux ouverts, un mal de tête le surprend. Sûrement un effet secondaire du casque ? Il n’en savait rien. Comme à son habitude il se dirigea vers le garage pendant ce temps Élisa se leva et prépara le petit déjeuner.

— Chérie, où as-tu rangé le casque hier soir ? cria Arthur.

— Comme d’habitude sur son chargeur, tu as modifié un peu la configuration avant de te coucher. Il est peut-être resté branché sur le PC ?

Sur le pc ses doigts glissèrent sur le clavier et après quelques lignes de commande la liste des périphériques apparus en brai, mais rien.
Un bruit assourdissant de verre cassé jaillit de derrière Arthur, par réflexe il se retourna.

— Que se passe-t-il ma chérie ? demanda l’inventeur ?

— Il … il n’est plus … il n’est plus là ! S’écria Élisa

— Qui n’est plus là ?

— Le casque et le chargeur ! Tout a disparu

Abattue, un genou à terre, la douce Élisa éclata en sanglots. Dans la foulée, le jeune prodige n’arrivait pas à en croire ses oreilles, pourtant inconsciemment il comprit la gravité de la situation. Il ne voyait qu’une seule chose possible : un concurrent venait de voler le prototype. De suite, un nom lui vient en tête John ERATE, à plusieurs reprises cette personne avait cherché à abuser de lui afin de lui soutirer des informations vitales sur son projet. Dans son élan, il ouvre sa boite mail une voix synthétique lui annonce “Vous avez un nouveau message de TheProFiles en priorité haute, reçue le 23/04/2016 à 5h36”. Cela le stoppa dans son élan.

“Je me présente TheProFiles et je suis actuellement en possession de votre prototype, de toutes vos données et je contrôle tous vos équipements informatiques. Vous devez réunir la somme de 100 000 euros dans les 3 prochains jours. Si vous prévenez la police je brule tout, le casque avec le chargeur et je vous enverrai les cendres par colis.”

Artur d’une voix crispée “Qu’allons-nous faire ?”

*

Le casque émettait quelques bips, l’hacker explora quelques fichiers piratés sur le PC de sa victime. Il devait impérativement garder cet objet révolutionnaire en bon état. Il voulait jouer sur deux tableaux. Rendre le matériel à Arthur et empocher 100 000 euros, en plus revendre les données informatiques au plus offrant. Il brancha le socle de chargement et déposa le casque, instantanément les bips cessaient. Dans la foulée il rechercha les entreprises susceptibles d’être intéressées par ce projet. Après une petite heure, quelques extraits de documents firent envoyer à une trentaine de sociétés accompagnées du message suivant “Casque révolutionnaire, prototype en état de marche, je donne les fichiers informatiques au plus offrant”. Le petit génie de l’informatique n’en était pas à son premier essai en 5 ans il avait déjà revendu des fichiers informatiques à plus d’une dizaine de sociétés et même au gouvernement. Malgré un compte bancaire confortable, son côté obscur reprenait toujours le dessus.

*

Assis sur une chaise les coudes sur la table, Artur tenait son visage dans le creux de ses mains. Sur ses genoux, une tête se posa délicatement. Sans aucune hésitation, l’aveugle reconnut son compagnon de tous les jours Manitou, un labrador dont sa fidélité n’avait jamais été mise en cause. Même si à l’intérieur de son habitation il connaissait le moindre recoin, en dehors ceci était une autre histoire. Manitou lui permettait une certaine autonomie, lorsqu’Élisa s’absentait ou partait travailler, il pouvait quand même sortir respirer l’air et ne pas rester enfermé. Au début se fut dur d’admettre qu’il avait besoin de l’association F.F.A.C. Un chien de guide est une forme d’admission à la dépendance. Si seulement il avait mis ses lunettes de protection. À bout de force il s’effondra en larme.

Quelques minutes plus tard, sa compagne entra dans la cuisine.” J’ai vérifié tous les recoins, dit-elle une voix attristée. Tous les disques durs de sauvegarde ont été volés, et nos deux espaces “Cloud” nettoyés. J’ai envoyé un message à nos fournisseurs afin de savoir si c’était possible de récupérer les fichiers.” Elle s’assit à côté de son amour et se blottit contre lui. Arthur leva se tête et la regarda.

— Nous devons avertir la police, dit-il.

— Il est hors de question, il détruira tout !

— J’arrête, je ne veux plus continuer, annonça sèchement Artur.

— Après tous ces efforts et toute la fortune que nous avons investie dans ce projet, tu veux abandonner. Tu as surmonté les pires épreuves, tu as souffert pendant des mois et maintenant tu veux tout jeter à la poubelle ?

En larme, Élisa se leva et partit en direction du salon.

De nouveau seuls ses rêves envolés, Arthur s’endormit.

*

Quelques heures plus tard, Élisa rentra brusquement dans la cuisine. Arthur sursauta le tirant de son sommeil.

— Tu ne veux toujours pas appeler la police ? demanda-t-elle d’une voix.

— Non, je ne veux plus rien, je veux être…

— Remue-toi, j’ai une idée.

Arthur les siens encore confuses ne comprenait absolument rien.

— Nous allons lui apporter l’argent,

Jamais Arthur n’avait entendu ce timbre de voix chez sa femme, elle se tenait droit et l’air affirmé.

— Mais nous n’avons pas 100 000 euros et qu’est-ce qui te dit qu’il nous rendra le prototype. Hurla Arthur.

— J’ai un plan, fait-moi confiance je t’explique.

Au bout de quelques minutes un hurlement se fit entendre “Mais tu es folle” la réaction d’Arthur n’était pas exactement ce qu’Élisa attendait. Elle le fixa, “Tu es un homme formidable, tu as plus de capacité que tu penses, tu peux arrivera à créer un casque qui permettrait de rendre le quotidien des personnes mal voyant plus confortable.” Elle fit une courte pose pour analyser les réactions de son mari, “C’est le projet de ta vie, de notre vie, depuis de nombreuses années nous ne vivons que pour ça. Soit fort et sort de ta zone de confort ! Il est temps pour toi d’exprimer ton potentiel” cette phrase a eu en lui le même effet qu’un électrochoc.

Arthur reprit sa respiration, “C’est dangereux et si cela se passe mal? Et si on se fait tuer ? Mais je veux prendre ce risque.” Élisa devine une détermination qu’elle n’a jamais ressentie auparavant chez son mari. Il rajouta “Le moment pour moi est venu de prendre cette affaire en main, j’ai un coup de fil à passer”

*

Le lendemain dans l’après-midi TheProFiles ouvrit sa boite aux lettres cryptées. Un nouveau mail venait d’arriver.
“J’ai les 100 000 euros en liquide qu’elle est la suite des évènements”. Le hack était surpris, comment avait-il fait pour réunir aussi rapidement l’argent. Le compte en banque de la victime était presque vide. Il écrit un nouveau mail. “Prouvez-moi que vous avez la somme demandée”. Trente minutes après un nouveau mail arrivèrent. Pas de texte, une seule photo. Il reconnut les lieux de suite, c’est le garage sur la table au centre, une valise métallique avec des liasses de billets. Par réflexe il regarda les données EXIF du fichier, pas de doute la photo datait de quelques minutes.

Après une bonne heure de réflexion TheProFiles fini de triturer sa barbe. Malgré le soleil éclatant, l’hacker vivait en permanence dans une pièce noire dont les seules lumières émanaient d’une multitude d’écrans déposée sur un nombre impressionnant de bureaux. Il se retourna et fixa à demi éclairé un poster de “Star Wars” après de longues secondes. Sa décision était prise il rédigea un nouveau email “Demain à 20 heures sur la place Antoine Poncet au pied de la statue vous déposerez la mallette, je vous appellerai sur votre téléphone pour vous donner la suite des instructions”. Au bout de quelques secondes la réponse d’Arthur “OK”. TheProFiles ne put s’empêcher de penser que cette personne était complètement folle. Il se mit à fouiller en profondeur dans la vie privée de sa victime.

*

Le soleil commençait à pointer le bout de son nez, les oiseaux entamaient la mélodie du printemps. Le hacker n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Pour la première fois de sa vie, il se retrouvait dans une impasse. De nouveau il avait fouillé le pc de sa victime, ses comptes, ses photos et même les fichiers sonores afin de comprendre d’où pouvait venir cet argent. Mais rien, aucune trace, même pas un héritage d’une tante éloignée. La soirée ne sera pas de tout repos, TheProFile profita de cet instant pour se reposer.

Pendant ce temps, le couple s’activait aux préparatifs pour ce soir. De vieilles affaires qu’Élisa s’empressa de rouler par terre, du maquillage et quelques objets du quotidien pour se défendre au cas où. Arthur avait l’impression que les heures passaient deux par deux.
Tout devait être impeccable pour ce soir.

Il est 19 heures le couple et Manitou sont prêts… en route pour la place Antoine Poncet…

-30 minutes
Après quelques dizaines de minutes en transport en commun et la désagréable sensation des regards des gens. Notre trio arriva à destination. L’odeur nauséabonde que dégageait Élisa en faisait fuir les passants.

-20 minutes
Élisa était en place à quelques mètres de la statue, assise par terre sur des vieux journaux, son nouveau costume la gratta. Elle s’en voulait un peu pour cette idée complètement stupide et aussi à Arthur d’avoir accepté. N’avait-il pas honte! Laisser sa jolie femme se transformer en une clocharde dont les vêtements trainés dans la boue et la merde l’empêchaient le moindre mouvement.

Arthur était plus serin. Une main sur la valise, la laisse de Manitou de l’autre assis à côté. Ils attendaient sur la terrasse du café de la place l’heure fatidique.

-10 minutes
Le toit du bâtiment 42 dominait parfaitement la place, le point de vue idéal pour TheProFile. Il voyait parfaitement Arthur en train de déguster la fin de son café. Deux points venaient assombrir ses perspectives de réussite. Tout d’abord le chien, pas prévu au programme. De ses recherches sur internet les labradors n’étaient pas réputés pour leur violence, mais on ne sait jamais. Le second point; où est la femme ? Le hacker avait fouillé la vie entière d’Arthur, il connaissait son dossier tout sur le bout des doigts. L’acte de mariage stipulait une certaine Élisa, qu’il avait vue sur les photos de noce et les photos de vacances. Il avait beau regarder de partout aucune trace d’elle ni de la police.

0 minute
C’est avec une certaine émotion qu’Arthur lâcha la précieuse valise à l’endroit dit. Quelques secondes après son téléphone sonna. “Reculer de 10 pas” L’aveugle s’exécuta sur le champ.

Quelques secondes plus tard, des crissements de pneus se firent entendre. Par réflexe tout le monde se retourna. Élisa regarda en direction du carrefour, deux voitures se sont rentrées dedans, les deux feux au vert, Élisa comprit de suite, son regarde se posa de nouveau sur sur les pieds de la statue, mais trop tard la valise avait disparu. Prise de panique elle se leva bouscula tout le monde, mais rien à faire aucune trace du malfrat. De toutes ses forces elle hurla en direction d’Arthur la mauvaise nouvelle. Avec tout ce vacarme et malgré une ouïe supérieure à la normale Arthur ne comprit quelques mots sans qu’eux ni tête. Soudain sa main fut emporté et l’obligea à lâcher la laisse da Manitou, Arthur se retrouva par terre.

Élisa eut à peine le temps de reconnaitre le labrador lorsqu’elle le vit passer à vive allure à côté d’elle. Arthur complètement désorienté essaya de retrouver ses esprits. La clocharde avec tout son attirail courra après Manitou.

À gauche, à droite, le labrador se faufile entre les passants. La course poursuite continua dans les petites ruelles de la ville avant de déboucher sur la rue la plus commerçante, après quelques poubelles, passants et voitures, Manitou voit enfin le voleur il essaye d’escalader la barrière de l’école municipale au moment de bondir sur l’hacker un pistolet électrique est dégainé, le choc est monumental.

Quelques secondes plus tard, Élisa arriva sur les lieux, elle se fraya un chemin à travers la foule qui commençait à l’agglutiner. Manitou couché de tout son long, la langue pendant, exténué de fatigué après cette longue traque une patte sur la valise regarda l’air soulagé sa maîtresse. Après une charge de plusieurs dizaines de kilos, TheProFile gisait à quelques mètres KO. Au bout de quelques minutes Arthur arriva enfin sur les lieux, les badauds le téléphone à la main prenait des photos de ce chien et de cette clocharde. Des applaudissements à plusieurs reprises se firent entendre. Manitou se dirigea vers son maître comme pour prendre des nouvelles.

Dès le lendemain matin, tous les journalistes voulaient en savoir plus sur ce chien et le fameux casque retrouvé dans la voiture de TheProfile. La pub fut tellement énorme que des dizaines d’industriels contactèrent le couple. La révolution technologique était en marche.

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